Fonctionnement corps et des hormones

Le fonctionnement du corps et des hormones


Dans le fonctionnement de notre corps, les hormones ont principalement un rôle de messagers qui ordonnent ou inhibent des réactions chimiques. Ces rôles sont rarement unitaires : une hormone a souvent plusieurs rôles en fonction de la situation, rendant plutôt difficile le décryptage simple de type action-réaction.


Les hormones et les produits dopants ont rarement un seul effet sur le fonctionnement de notre corps. C'est pourquoi le dopage des uns n'est pas forcément celui des autres (pour le même objectif) et c'est aussi une des causes qui fait que l'entraînement d'une personne n'engendrera pas forcément la même progression chez son voisin, dopage ou non.

Fonctionnement du corps


Notre corps est en perpétuel changement. L'équilibre n'existe pas, ou plutôt, le corps essaye de le maintenir via ces multiples changements très rapides. Chaque élément qui nous entoure (et nous compose) engendre une réaction (ou absence de réaction) qui a un impact sur notre organisme.

Chaque effet provoque une réaction. Cette réaction est générée par notre système nerveux (autonome et/ou central) et notre système hormonal qui adressent des ordres à distance. Lorsqu'ils sont reçus, ces ordres engendrent des actions (création d'un mouvement, sécrétion d'une protéine, libération de lipides ou de glucose, production ou arrêt de production de chaleur ...) qui auront un impact direct sur notre corps.

En matière de sport, c'est aussi vrai. Mais on cherche à choisir les stimuli qui engendrent des réactions plus ou moins prévisibles : on apprend de nouveaux gestes pour produire un apprentissage moteur et créer une modification au réseau nerveux, on dégrade les réserves en énergie pour produire un nouveau stockage plus important, on dégrade la fibre musculaire ou le tissu tendineux pour provoquer un renforcement de ces derniers ...

Mais cela prend du temps (la récupération) et nécessite de nombreux médiateurs (notamment les hormones).

L'impact des hormones sur notre corps


Parmi ces médiateurs, certains sont connus (enfin on connaît un peu mieux les possibles effets de ces derniers par rapport aux autres) : réduction de la sensation de fatigue, amélioration de la motivation, augmentation de l'anabolisme musculaire, ouverture ou réduction de l'appétit, augmentation du nombre de globules rouges, réduction du taux d'inflammation, etc.

Ainsi, notre alimentation va chercher à amener les matériaux pour avoir l'énergie pour le fonctionnement du corps, mais aussi pour la matière première des tissus à construire, des molécules permettant l'action de construction, la transmission des messages (nerveux et hormonaux, ...).

Pendant ce temps, pas possible de se ré-entraîner (sans risque de blessures, de grosse fatigue engendrant une chute vertigineuse des hormones restantes, des stocks énergétiques ...). Pour passer outre cela, certains vont chercher à augmenter artificiellement certains composants afin de réduire les effets de la fatigue, accélérer la construction tissulaire, etc. C'est notamment le rôle du dopage et plus précisément des hormones dites dopantes.

Différences hormonales entre hommes et femmes


Différences hormonales hommes et femmes



L’objectif ici n'est pas de donner une information complète et précise, mais plutôt de donner des idées générales (à vous d'approfondir par vous-même si ce sujet vous intéresse, car il est vaste ! ) afin d'avoir les grandes lignes des différences hormonales entre hommes et femmes.

Action-réaction


Lorsqu'une information arrive (arrivée de nourriture, présence d'un ami ou d'un ennemi dans une pièce, apparition d'une odeur, frôlement du vent sur la peau, présence d'un virus dans le corps, etc.), notre corps va automatiquement réagir. Les hormones ont un très grand rôle dans ces réactions.

Au cours de notre vie de tous les jours, nous voyons bien une grande différence entre les réactions des hommes et des femmes (dans la généralité, car ponctuellement il y a des rapprochements bien sûr). Par exemple, une femme sera naturellement moins agressive qu'un homme fasse à une situation de danger ou de stress (les hormones masculines ont entre autre ce rôle d'agressivité pour la protection de l'espèce).

Oui, nous sommes dans le cliché de l'homme fort et de la femme sensible (désolé les aficionados de la théorie du genre). Mais ceci est une réalité : il existe naturellement des différences hormonales entre hommes et femmes et cette différence engendre des comportements différents, mais aussi des fonctionnements biologiques différents.

C'est l'une des raisons pour lesquels, actuellement, il y a un certain problème avec les médicaments : les hommes et les femmes ne réagissent pas de la même manière aux molécules et aux dosages, et cela pose soucis.

Les différences hormonales


Mais attention, les différences hormonales n'impliquent pas présence et absence d'hormones en fonction du sexe, mais plutôt des différences dans les proportions de sécrétions et les impacts sur l'organisme.

Ainsi, pour prendre l'exemple de la testostérone, hormone masculine par excellence, elle n'est pas présente que chez l'homme. La femme en produit également, mais dans des quantités très nettement inférieures, ce qui engendre des usages bien différents et donc des réactions face aux informations perçues également divergentes.

C'est également une des raisons des différences d'apparence physique entre les 2 sexes (les hommes répondant majoritairement plus positivement à la construction musculaire que les femmes). Et comme le mécanisme de contraction musculaire est le même dans les 2 sexes, ce qui expliquera cela (et la différence intrinsèque de force) se fera notamment au travers les différences hormonales. Ainsi, comme différence majeure et principalement reprise au niveau hormone, on parle de la testostérone (pour les hommes) et des œstrogènes (pour les femmes).

Testostérone


La testostérone est une hormone stéroïdienne qui vise à faciliter le développement du physique (musculature, squelette principalement) et facilité des réponses physiques à des problèmes physiques (production de force, agressivité, etc.).

La testostérone est l'une des hormones (pas la seule) qui va permettre la construction musculaire et squelettique après les entraînements pour adapter le corps aux besoins. Elle est sollicitée aussi bien chez les hommes que chez les femmes. Seule la différence de volume de sécrétion (et de leurs récepteurs) va influencer l'amplitude de la réponse de l'organisme à l'effort.

Œstrogènes


Les œstrogènes vont aussi permettre aux femmes de poursuivre leurs croissances durant la puberté, mais sur une durée plus courte (d'où les différences physiques puisque arrêt de la croissance prématurée au niveau physique).

Il existe 3 types d'œstrogènes : l'œstradiol (E2), l'œstrone (E1) et l'œstriol (E3). Quand on parle (au niveau sportif) des œstrogènes, on va principalement parler de E2. Globalement, les femmes produisent un très grand volume d'œstrogènes par rapport aux hommes. Mais ces derniers en produisent quand même (principalement en transformant de la testostérone en œstrogènes).

Les différences homme-femme du point de vue de ces 2 hormones


Les différences se font par l'équilibre testostérone-œstrogène. Plus vous pratiquez une activité sportive à haute intensité (musculation type BodyBuilding, force, sprint, sauts ...) plus vous allez produire de testostérone (et l'utiliser) pour vous adapter. Moins vous avez ce type d'activité, moins vous produisez de testostérone dans le but de vous adapter physiquement (puisque l'adaptation devient inutile).

C'est l'une des raisons pour lesquelles l'entraînement de musculation des femmes et des hommes ne doit pas différer (aucune raison de préférer les séries longues et légères pour les femmes), car leur objectif est également de produire de la testostérone et de s'en servir pour l'adaptation musculaire et squelettique et non pour produire des œstrogènes.

L'hormone de croissance


L'hormone de croissance est sécrétée (en quantité) aussi bien chez l'homme que chez la femme. Ce qui diffère principalement est la manière de sécrétion (l'homme va produire des pics d'hormones plus importants et plus brièvement que la femme). Malgré une même quantité de GH sécrétée chez l'homme et la femme, la différence de pic va aussi avoir une conséquence sur l'aspect physique (musculature, squelette...).

Différences hormonales en fonction de l'âge


Différences hormonales avec l'âge



En effet, la vie de notre organisme n'est pas un long fleuve tranquille où tout est lissé, cartésien et maîtrisable. Ainsi, dans la notion de variation, notamment au niveau des hormones, on retrouve les traces de l'âge. Et ceci est très important du point de vue des hormones particulièrement intéressantes pour le pratiquant de musculation : la testostérone et l'hormone de croissance.

L'enfance


Durant l'enfance, et jusque l'âge de 10 ans environ, les hommes et les femmes vont sécréter sensiblement la même quantité de testostérone, à savoir pas grand chose. Après les 10 ans (âge moyen) et jusqu'à 20 ans, les hommes vont progressivement multiplier par 25 la production de testostérone alors que les femmes se contenteront d'une multiplication par 7.

L'hormone de croissance, quant à elle, a un rôle qui s'accentue non seulement sur la quantité totale de production (qui augmente durant l'enfance), mais également et surtout dans l'amplitude des pics de production (la sécrétion pulsatile que nous avons déjà vu). Ces pics de production se retrouvent au niveau des pics de croissance (augmentation de la taille du squelette et dans sa densification).

Le jeune adulte


De 20 ans à 30 ans environ (variable), la testostérone continue à progresser en volume, mais dans des proportions moindre chez l'homme (on peut aller jusqu'à doubler la sécrétion de nos 20 ans). Chez la femme, il y a stabilisation. Peut-être est-ce une des raisons de la précocité dans certains sports (gymnastique, patinage par exemple) pour les demoiselles.

La GH (hormone de croissance) va se stabiliser, grosso modo, en terme de quantité journalière. Mais une forte diminution de l'amplitude des pics fera son apparition, signifiant la fin de la croissance osseuse notamment.

Après 30 ans


Après 30 ans, la production de testostérone va irrémédiablement chuter. Pas beaucoup, de un à quelques centièmes de pourcentage chaque année. Mais ça chute. On va se retrouver, vers 60 ans, à une production correspondante à la fin de notre croissance (homme et femme). La GH poursuit la chute de l'amplitude des pics de sécrétion chaque jour et entame également un baisse (faible) de la quantité journalière produite.

Après 60 ans


A partir de cet âge, symbolique, l'ensemble des processus hormonaux (anaboliques) baisse fortement.

Les conséquences sur l'entraînement de la progression


Une attention particulière doit être donnée aux chiffres annoncés plus haut : il s'agit de moyennes, de statistiques. Donc valable pour l'ensemble de la population, mais jamais pour vous personnellement. Et en fonction des études, ces moyennes peuvent légèrement varier. D'autre part, les chiffres annoncés par les études sont rarement établis pour des sportifs, mais plutôt pour des sédentaires (et sans forcément contrôler la qualité de l'alimentation).

Ainsi, on a coutume de voir, lorsque l'on fait reprendre du sport à des anciens, une hausse de la production hormonale. Cela donne une indication possible très intéressante pour le sportif (et le sédentaire également) : le taux hormonal chute avec l'âge d'autant moins vite que vous faites du sport (de manière cohérente, en n'entrant pas dans le surentraînement et autres déviances extrêmes).

Cela a aussi un autre élément d'importance : on chute par rapport à notre maximum réel et théorique.

Par exemple : si vous deviez avoir une production maximale de 25 unités à 30 ans et que votre vie fait que vous n'avez pas dépassé 20, rien ne vous empêche de continuer à augmenter votre production de testostérone après 30 ans (ou au moins la maintenir en l'état) avec le sport. Il n'est pas possible d'anticiper, pour chaque personne, une hausse ou une baisse de production de testostérone après 30 ans, 40 ans, ou 50 ans. Tout dépendra de la pratique sportive du moment (et antérieurement), de l'hygiène de vie, de la fatigue, du stress..

Pour la GH, c'est un peu différent. La quantité de production journalière est plutôt stable avec l'âge (relativement, il y a toujours une petite baisse). Par contre, ce qui va principalement jouer, c'est les pics de sécrétion. L'ampleur de ces pics va provoquer (ou non) la présence de l'IGF-1. C'est cet IGF-1 qui au final provoquera ou non la croissance (effet indirect de la GH). Et ce qui va jouer sur ces pics (entre autre, rien n'est binaire), c'est la capacité d'endurance (besoin des mitochondries). Si vous combinez l'entraînement d'endurance (favorable à de forts pics de GH) à un travail très intense (travail de force), vous dirigez la production de GH vers la zone travaillée.

Est-ce que le sexe diminue la testostérone ?


Le sexe diminue la testostérone ?



Vaste question que celle-ci ...

Les Jeux Olympique


Platon préconisait l'abstinence pour les Athlètes afin qu'ils puissent se concentrer au maximum sur leurs épreuves. Les Jeux Olympiques modernes sont autant Olympiques sur les stades que dans le lit … et cela n'empêche pas les performances. La réponse semble claire, non ?

Nous le savons depuis 1995 où une étude (T Boone) que l'activité sexuelle avant une épreuve sportive n'a aucun impact sur la performance, quelle soit de force, de vitesse ou d'endurance. Et pourtant, il faut bien vendre les magazines, alors on remet sans cesse sur le tapis cette question Marketing et sans aucune information véritable.

Absence de sexe ?


À l'inverse, on pourrait se poser la question pour les moines, qui vivent reclus dans leurs appartements, pour préserver leur sacré testostérone (pour les entraînement à venir ??). Pourtant c'est encore faux, car une étude a montré que 3 mois sans rapport sexuel pourrait réduire la production de testostérone (Janni, 1999). Mais cela reste à confirmer par d'autres études.

Et en dehors de la testostérone ?


Et oui, le taux de testostérone, franchement, vous ne le maîtriserez pas avec ou sans rapports sexuels, alors autant réfléchir aux conséquences de ces derniers sur la capacité sportive, non ? Du point de vue de la fatigue, un rapport sexuel consomme très peu de calories (même par rapport à un footing d'échauffement), cela n'a donc pas d'impact énergétique sur vos performances à venir.

Du point de vue psychologique, là par contre, cela peut avoir des conséquences. Et impossible d'en connaître la réalité avant d'avoir essayé. En effet, certain(e)s vont être euphoriques et ''tout péter'' après avoir fait l'amour, d'autres vont être calmes, doux comme des agneaux et ne seront plus capable de produire l'agressivité nécessaire à la performance.

En fait, tout dépendra de vous et de la manière dont s'est déroulé l'activité.

Par contre, cela a un impact sur l'endormissement : d'une manière générale, avoir une activité sexuelle le soir facilite l'endormissement (et donc améliore la récupération). Plutôt positif, non ?

Mieux, lors d'un orgasme (pour les hommes), il y a production de testostérone. Ce n'est pas ce que vous voulez ? Et pour les femmes, il y a baisse de la sensibilité à la douleur dans les 24 heures qui suivent, donc plus d'efforts potentiels, non ? (Komisaruk, 2010).

Est-ce que le sport augmente la testostérone ?


Sport et testostérone



Les limites naturelles


La toute première chose à mettre au point est ce qu'est l'augmentation du taux de testostérone.

En effet, naturellement, vous ne pourrez JAMAIS augmenter votre taux de testostérone au dessus du niveau qui serait le votre naturellement. Seul l'apport de substances externes peut le produire et cela s'appelle le dopage. Ainsi, sans dopage ni médicament spécifique, vous ne pourrez augmenter votre taux de testostérone que dans le cas où vous ne produisez actuellement moins que vous ne le pourriez, donc simplement pour ramener votre taux à un niveaux normal.

Le sport peut augmenter le taux de production de testostérone


La sédentarité entraîne une baisse de production de testostérone. Ça nous l'avons déjà vu dans ce dossier. Le sport, dans certains cas (en relation avec votre niveau, si il est bien construit, ...) va augmenter la demande en hormones anabolisantes donc en testostérone. Ainsi, si votre alimentation le permet (apport des bons éléments), pratiquer une activité sportive va améliorer votre capacité à produire de la testostérone. Certaines études montrent même une légère amélioration de la fertilité.

Le sport n'augmente pas toujours le taux de production de testostérone


Mais ceci n'est pas systématique. En effet, une grande fatigue engendre l'effet inverse : une baisse de la production de testostérone au profit d'autres hormones. Si votre entraînement est trop long, trop intense, trop fréquent par rapport à vos possibilités, vous allez au contraire faire chuter votre production naturelle de testostérone. Ainsi, enchaîner des séances intenses et/ou longues sans repos est proprement la porte ouverte à une baisse de production de testostérone et une baisse de la libido.

Le sport mais pas que...


En pratiquant son activité sportive, l'athlète est souvent amené à appliquer une diète pour être affûté, perdre du gras (amélioration du rapport poids/force, esthétisme, etc.) La mode des régimes sévères (l'intégralité des régimes commerciaux, la plupart des mises en place de diètes cétogènes non maîtrisées, ...) engendre potentiellement une baisse de production de testostérone.

En effet, pour produire cette hormone, nous avons besoin d'une activité physique, d'apports alimentaires lipidiques (cholestérol notamment) et de sucre (l'insuline est un des facteurs nécessaire à la production de testostérone). Enlevez un de ces éléments et vous baissez votre potentiel hormonal. Donc être au régime / en sèche restrictif est donc néfaste pour votre système hormonal !

Le sucre ? Oui, le sucre favorise le stockage des graisses et le diabète (si on abuse uniquement). Mais après un entraînement, du sucre augmentera la production d'insuline qui en relation avec la séance de sport qui précède et favorisera la production de testostérone.

Le cholestérol ? C'est un composant essentiel de la testostérone. Pas de cholestérol, pas de testostérone. C'est pourquoi les régimes 0 lipides sont un danger pour la santé mais aussi pour la performance. Un faible taux de masse grasse corporel l'est tout autant (c'est pourquoi en dessous d'un certain seuil de sèche, on se met en danger malgré l'attrait esthétique).


On en parle sur le forum : Le Fonctionnement Du Corps Et Des Hormones