Hormone anabolisante insuline

L'hormone anabolisante insuline


L'insuline est une hormone anabolisante, qui peut aider à la prise de muscle si elle est bien gérée, mais aussi à la prise de gras si vous abusez des pics d'insuline à base de glucides rapides. 


En musculation, nombreux sont ceux qui « jouent » avec leur insuline, en essayant par exemple de crée des pics d'insuline après l'entraînement, à l'aide d'une dose massive de glucide à index glycémique élevé.

Dans ce dossier, vous pourrez découvrir comment fonctionne cette hormone anabolisante, qui doit être maniée avec précaution, car elle permet de faire grossir les muscles, mais aussi d'augmenter le nombre et la taille des cellules graisseuses si elle est mal utilisée !

Comme vous le savez, apporter une forte dose de glucides permet de booster l'insuline, mais ce n'est pas la seule solution, c'est aussi le cas avec des doses importantes d'acides aminés, comme avec la whey protéine par exemple.

En effet, la prise de protéines rapides comme la whey va permettre un pic d'insuline suffisant pour une croissance « plus rapide » du muscle. La prise de glucides à index glycémique élevé ne devra être fait qu'après un jour bas en glucide, comme par exemple lors d'une diète basée sur le cyclage des macro nutriments. Sinon, vous risquez de prendre plus de gras que de muscles. Alors qu'après plusieurs jours bas en glucide, votre corps aura besoin de cette énergie, et elle sera utilisée au mieux.

Il est donc préférable d'utiliser les grandes doses de glucides que sous la forme d'une recharge, sous peine d'augmenter votre taux de masse grasse. De plus, attention au risque de diabète en cas de mauvaise utilisation des glucides rapides dans votre nutrition.

Donc prenez la peine de lire cet article pour mieux comprendre le fonctionnement de cette hormone et son utilité pour votre corps. Comme avec toute hormone, il faut éviter de jouer avec si on ne sait pas ce qu'on fait. Si vous souhaitez tout de même faire fluctuer votre insuline, c'est une méthode à utiliser de manière raisonnée.

Le corps, le glucose et l'insuline


insuline et glucose



Le glucose est la source d'énergie favorite du corps, ce glucose provient des glucides que nous ingérons. Le glucose peut être transformé en gras et aller remplir les adipocytes (cellules graisseuses), mais également être stocké dans le glycogène musculaire (réserve du muscle).

Cependant les acides gras ne peuvent pas être convertis directement en glucose, bien qu'ils soient utilisables comme source d'énergie. Les acides aminés sont quant à eux utilisés par le corps pour la réparation et la construction cellulaire, mais certains acides aminés peuvent également être convertis en glucose.

Niveaux d'insuline :


La quantité de glucose circulant dans le corps est d'environ 4g, il est rare de dépasser cette dose de plus de 2g, ou d'être sous ce pallier. Après avoir mangé 50-150g de glucides, le glucose sera évacué du sang dans l'heure, cependant l'insuline restera présente pendant encore deux heures, bien que le glucose excédentaire ait été évacué du sang.

Pour une ingestion de 300g de glucides l'insuline restera 300% plus élevée pendant 7 heures après l'évacuation du glucose du sang. Cette période est anabolique, mais une fois les réserves de glycogènes remplis, c'est les tissus graisseux qui vont capter le glucose. Si les adipocytes sont remplis le corps va rapidement en créer de nouveaux, et augmenter sa production d'enzymes aromatisantes.

Néoglucogénèse :


Le corps peut, si le glucose vient à manquer dans les réserves de glycogène et que le foie a besoin d'une source d'énergie pour alimenter muscles et organes, utiliser le gras pour créer de l'ATP (adénosine triphosphate : une source d'énergie d'urgence du corps, utilisée par exemple lors d'efforts courts et intenses) en libérant la molécule de glycérol attachant les trois molécules d'acides gras des triglycérides et en la convertissant après de nombreuses transformations, pour ensuite se transformer en glucose.

Les acides aminés vont également être transformés en glucose par un processus complexe, afin de servir de source d'énergie lorsque les glucides viennent à manquer.
Ces deux manières de créer de l'énergie sont la néoglucogénèse.

En présence d'insuline la néoglucogénèse diminue. Lorsque les acides aminés circulent en quantités importantes le catabolisme diminue. Lorsque les deux facteurs sont présents se produit la synthèse protéique (anabolisme).
 

L'insuline et le dopage anabolisant


insuline et dopage



L'insuline est principalement une hormone de stockage qui va induire tout un ensemble de réactions se concluant par une augmentation de la quantité de nutriments dans les cellules. Cela induit une réponse osmotique, c'est à dire une augmentation du volume d'eau dans les cellules ainsi que de la quantité de nutriments intracellulaires. Plus d'eau dans la cellule implique une cellule plus grosse. Cela se traduit donc par un muscle qui va paraître plus gros, mais attention, cela ne signifie pas qu'il y a eu croissance musculaire.

La membrane cellulaire va s'épaissir pour accueillir cette réponse osmotique, due à une augmentation de l'IGF-1 et de la MGF (mechanical growth factor), permettant l'anabolisme, malheureusement l'insuline est anabolique pour toutes les cellules, et pour les adipocytes également (les cellules graisseuses).

Il n'est pas étonnant que certains bodybuilders utilisant le dopage à l'insuline ait pris beaucoup de gras, l'insuline étant l'hormone de stockage du corps, en effet les personnes étant prédisposées à faire du gras ont vu leurs adipocytes subir un anabolisme plus important que leurs muscles, sans compter les effets secondaires accompagnés de ce type de dopage (diabète, problèmes cardiovasculaires...).

C'est également le cas si la prise de masse n'est pas bien gérée et est trop calorique.  Hé oui, même pendant une prise de masse, il ne s'agit pas de faire n'importe quoi, sauf si votre objectif est de prendre du gras et non de prendre du muscle. Quand on souhaite prendre du muscle, et même pendant la prise de masse, il faut faire attention à son alimentation.

De plus il ne faut pas oublier que les androgènes peuvent s'aromatiser (se transformer en oestrogènes), les enzymes responsables de ce phénomène sont produites en parties par les tissus graisseux, l'oestrogène est également très anabolique pour les tissus graisseux et responsable des caractères sexuels féminins, ce qui n'est pas une bonne chose si l'on veut prendre du muscle et rester sec.

Insuline, énergie et dopage


Insuline, énergie et dopage



L'insuline permet en présence de suffisamment d'acides aminés de les faire entrer dans le muscle, et va également augmenter la capacité de stockage du glycogène en affectant l'enzyme régulant le taux de stockage du glycogène.

Il faut donc noter quatre points :

  • le muscle est composé de protéines et d'eau,

  • l'ATP est l'énergie de secours utilisée par le corps pour construire et réparer les cellules, et pour la contraction musculaire,

  • le glucose est la source principale de l'ATP et est la source énergétique préférée du cerveau,

  • un excès de glucose dans le sang résulte en un remplissage des adipocytes.

Lors d'une injection d'insuline (dopage à l'insuline) le but va être d'ingérer beaucoup de protéines et très peu de glucides, ainsi le corps utilise, pour produire son énergie, la néoglucogénèse, en l'absence de glucose les adipocytes ne se rempliront pas excessivement (mais se rempliront si le total calorique dépasse le besoin calorique), ce qui va pousser le corps à apporter de nombreux acides aminés aux muscles. Ce protocole est appliqué après une déplétion du glycogène.

Il est bon de noter que l'insuline est également un inhibiteur de SHBG (sex hormone binding globulin), les hormones sexuelles comme la testostérone sont inactives lorsqu'elles sont liées par la SHBG, il y a donc une synergie entre les stéroïdes et l'insuline.

Cependant les oestrogènes sont aussi liés à la SHBG, leur évacuation rapide du sang se traduit par une hausse de la production de GH, et donc d'IGF-1, effet amplifié par l'absence de glucose. Un taux élevé de GH combiné à un taux élevé d'insuline induit une forte sécrétion d'IGF-1, mais induit aussi des effets secondaires.

Cependant il semblerait que l'insuline à dose supra naturelle (une grande dose d'insuline en peu de temps) ait en fait pour effet de se fixer aux récepteurs d'IGF-1, qui va donc entrainer un anabolisme supplémentaire en présence d'acides aminés. Ce n'est donc pas la réponse osmotique qui est dans ce cas la responsable de l'anabolisme supplémentaire, des doses naturelles d'insuline ingérées grâce à l'alimentation sont suffisantes pour produire une réaction osmotique suffisante.
 


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