Généralités sur la vitesse


Définition générale de la vitesse, mais aussi spécificité à chaque sport. Pour améliorer la vitesse : il faut augmenter la force puis apprendre à l'utiliser rapidement, puis apprendre à l'utiliser longtemps.


La vitesse de déplacement se caractérise par la vitesse de coordination des différents muscles participants (de manière motrice ou au contraire résistive). Ainsi, lorsqu’on lève le bras, des muscles vont créer le mouvement (les muscles moteurs), des muscles vont s’opposer à cette action (les muscles antagonistes s’étireront, induisant un réflexe automatique de contraction), d’autres vont aider au mouvement en participant à différents moment (les muscles synergiques) et enfin d’autres le faciliteront en réduisant les mouvements parasites, en « raidissant » les différents leviers (les muscles de maintien ou posturaux).

Pouvoir aller vite implique que nous puissions utiliser à un moment donné, le plus de fibres possibles (les fibres rapides) d’une part pour initier le mouvement (mise en mouvement d’un « poids mort ») et pour reproduire à des vitesses de plus en plus importantes ce geste (la seconde accélération) pour enfin maintenir la vitesse maximale acquise le plus longtemps possible (endurance de vitesse).

Chaque partie d’un sprint implique des qualités différentes, des forces différentes et des vitesses différentes. Donc pour améliorer votre vitesse, il vous faudra bien observer les besoins de votre sport pour en travailler les éléments nécessaires (et ne pas perdre de temps avec ce qui l’est moins).

Chaque partie du sprint impliquant des qualités différentes signifie que les autres muscles (synergiques, antagonistes, posturaux) devront également travailler de manière différente.

Pour cela, l’ancienne école (qui existe malheureusement encore sur les terrains de sport) précise un développement initial de l’endurance pour progressivement réduire la durée de l’effort en augmentant corrélativement l’intensité (vitesse). Nous savons maintenant que cela ne limite pas les blessures (au contraire, la transition avec l’exploitation de la vitesse maximale est génératrice de lésions plus ou moins importantes que nous retrouvons chez les sprinteurs lors de leurs premiers tests importants) et n’est pas synonyme de meilleure performance. L’objectif de la préparation physique est maintenant totalement inversé et ceci de manière logique.

Nous préférons développer la force qui sera utilisée. Ensuite nous apprenons à exploiter cette force sur les différentes phases du sprint (toujours à des vitesses en relation avec l’objectif) et ce n’est qu’après, lorsque l’objectif intermédiaire de vitesse est atteint que nous apprenons aux athlètes à tenir longtemps cette intensité. Cometti a parfaitement traduit cette tendance par le schéma suivant :

Tenir Intensité Vitesse

Cometti : tenir l'intensité

Bien évidemment depuis Cometti des améliorations ont encore été apportées (ce dessin date de fin des années 90), mais il nous servira facilement de guideline pour la suite.

Pourquoi sommes-nous arrivés à cette inversion totale des plans d’entraînement ? Tout simplement à cause du Système nerveux. En effet, plusieurs phénomènes importants sont à prendre en compte dans le développement du SNC (Sytème Nerveux Central) :

- Le système nerveux et son fonctionnement induit ce qu’est le muscle (rapide, lent, endurant, peu endurance, etc.). Nous passons la quasi-totalité de notre vie en usage lent (posture). Si nous voulons avoir une chance d’obtenir des muscles forts et rapides, il ne faut pas perdre de temps à développer l’endurance majoritairement (tous les efforts de travail de vitesse seraient alors vains). En d’autres termes, les schémas moteurs que nous fabriquons à faible vitesse ou à faible force devront être recréés pour les intensités supérieures.

- À chaque augmentation de force, de nouvelles plaques motrices (de nouvelles fibres musculaires sont innervées pour faire court) sont sollicitées. La coordination (la vitesse de synchronisation des muscles et des fibres musculaires) qui est directement liée à la vitesse d’un geste est à reprendre à 0 : il faut apprendre à appliquer cette nouvelle force. Quelle perte de temps si nous développons l’endurance de force pour ensuite reprendre la force, pour ensuite apprendre à courir longtemps, et ainsi de suite.

- L’endurance, du fait de notre composition majoritairement lente (temps passé dans notre vie à ne pas pratiquer la force ou la vitesse) est rapidement améliorée comparativement à la vitesse ou la force. Mieux vaut passer autant de temps possible à développer ce qui est l’objectif principal pour ensuite apprendre à le faire durer. C’est nettement plus logique du point de vue « évolution de l’espèce ».

- Enfin, les fortes sollicitations du SNC (contractions-relâchements puissants et rapides) sont la principale source de blessure (un sprinter se blessera rarement sur un effort long). Autant chercher à développer cette qualité en amont de l’objectif, permettant d’avoir le temps de progresser en limitant les blessures plutôt que de se presser à l’approche de la compétition et risquer blesser à 1 mois d’une compétition importante.

Nous savons maintenant que nous devons d’abord développer la force, apprendre à l’appliquer rapidement avant d’élever le temps d’application.

Apprenons maintenant la spécificité de la vitesse



Un sprinter cours rapidement en ligne droite, sans engin et sans adversaire lui barrant la route. Il n’aura pas les mêmes besoins qu’un footballeur qui doit se déplacer rapidement en changeant de directions, en manipulant un ballon (dribble) et accessoirement anticiper ou réagir face à un adversaire.

Chaque sport nécessite donc d’apprendre des phases différentes du sprint, et de se les approprier pour mieux les utiliser. Il est par exemple préférable d’avoir un rugbyman ayant un record sur 40 mètres en 6 secondes mais qui efface cette même distance avec ballon et évitements en 6,5 secondes plutôt que son homologue qui possède un record à 5,5 secondes mais qui est incapable de descendre sous les 7 secondes balle sous le bras et adversaire sur le parcours (voir le dossier sur la musculation pour le rugby).

Ainsi, dans la phase de « redynamisation », il faudra avoir à l’esprit les nécessités pour exploiter les séances de musculation exemple que nous proposerons par la suite. De même, il faudra choisir ces mêmes séances avec sérieux afin de ne pas perdre de temps à développer une qualité du sprint qui ne servira à rien dans votre sport. Pour le Foot en salle, l’étroitesse du terrain limitera la durée des sprints, réduisant ainsi l’intérêt de son développement à la phase de démarrage et à la seconde accélération (si le poste le justifie), le développement de la vitesse maximale aura un intérêt moindre.

Ceci est également important pour l’ensemble de la vitesse : sur 100m, le vainqueur d’une course est souvent celui qui atteint sa vitesse maximale le tôt possible et non celui qui possède la vitesse instantanée la plus importante (même si souvent les 2 vont de pair grâce au savoir-faire de leurs entraîneurs). C’est la notion la plus importante à développer en sprint et c’est celle que nous verrons donc en 1er après la partie de préparation initiale.

Inversement, un coureur pratiquant un geste sur une longue durée (1500 mètres par exemple) n’aura que peu besoin de la phase de démarrage, mais devra développer au maximum la force et la vitesse de « maintien » c’est-à-dire la vitesse de course. Ne pensez pas que l’endurance est antinomique de la force et de la vitesse, vous seriez surpris de voir des athlètes de haut niveau sur 1500m faire des squats « cul au sol » avec 150kg (Sébastian Coe n’hésitait pas à faire faire des séries de 20 répétitions à +200 K à la presse). Il faut élever son niveau avant d’apprendre à le faire durer …


On en parle sur le forum : Musculation pour développer sa vitesse  

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