Lien entre suppléments et cancer des testicules ?


Une étude scientifique a eu pour but de définir un lien potentiel entre l'utilisation des suppléments et le risque de cancer des testicules. Elle conclue sur un lien positif … sauf qu'en réalité, cette étude est à prendre avec des pincettes !


Lien suppléments et cancer testicule

Une récente étude qui a fait le tour des médias recherchait l’impact éventuel des suppléments sur le cancer des testicules. A la suite de la lecture des résultats, nombreux sont ceux qui se sont précipités pour conclure que cette étude était le graal est que les suppléments nutritionnels causaient purement et simplement le cancer.

Mais il est toujours important d’analyser l'étude en elle-même, au-delà du titre et des conclusions pour faire le « buzz », avec comme exemple :

« Selon des chercheurs de l'Université de Yale, l'augmentation de la consommation de suppléments pourrait expliquer l'augmentation du taux de cancer des testicules chez les jeunes hommes au cours des trois dernières décennies.»

Ça en jette non ?

Toutefois, ce serait oublier que corrélation ne correspond pas à la causalité.

L’étude scientifique

Les auteurs ont voulu étudier la relation entre le cancer des cellules germinales des testicules (TGCC) – (la forme la plus commune de cancer avec formation de tumeur chez les jeunes hommes) - ET les suppléments nutritionnels à destination du « renforcement musculaire ».

Voici le lien vers cette ETUDE payante. Pour avoir plus d'infos, vous pouvez me demander en message privé sur le forum.

Pour ce faire, les auteurs ont recruté des résidents masculins de 13 à 50 ans dans divers hôpitaux des USA au cours d’une période de 4 ans (2006-2010). Ces hommes ont été histologiquement confirmés pour être atteint à un certain degré de TGCC.

Les chercheurs ont restreint leurs recherches de patients pour le « groupe intervention » à ceux atteints de tumeurs des cellules germinales, mais vu que ceux-ci représentent environ 95% des cancers des testicules, selon eux, cela affecte à peine les résultats.

Le « groupe contrôle » est composé d’individus du même âge démographique, et étaient aussi des résidents masculins de ces hôpitaux, mais sans cancer des testicules. L'étude a été réalisée en utilisant la méthode cas-témoins. Plutôt que de trouver un grand nombre de personnes qui prennent des suppléments et d'attendre pour voir combien choppent un cancer des roubignoles, les chercheurs sont allés dans l'autre sens. Au total, l'étude à été menée sur plus de 800 personnes.

Tous ont dû répondre à une grande variété de questions sur les facteurs de risque potentiels pour le cancer des testicules, mais surtout au sujet de la prise de suppléments nutritionnels (dans une liste de 30 différents) où «l'utilisation» a été défini comme :

«Au moins une fois par semaine pendant quatre semaines consécutives ».

Le questionnaire demandait :

  • Si des suppléments (MBS) ont été utilisés ;


  • A quel âge ont-ils été utilisés pour la première fois ;


  • Le nombre de suppléments différents utilisés ;


  • La durée d'utilisation (moins de 12 mois, supérieure à 36 mois, ou entre les deux) ;


  • Des blessures à l'aine ;


  • La cryptorchidie (considéré comme un facteur de risque) ;


  • Etc.

A noter que la consommation d'alcool, l'usage du tabac et le niveau d'éducation étaient similaire entre les groupes.

Il advient que …

Les chercheurs ont constaté que les résidents ayant déclarés avoir utilisé des suppléments ont un risque accru de développer des TGCC.

Ainsi, dans l’étude publiée dans le « British Journal of Cancer », les chercheurs ont constaté que les hommes qui ont pris des suppléments qui contenaient de la créatine ou de l’androstènedione sont plus susceptibles de développer un cancer des testicules.

Selon les auteurs, près de 20% de ceux du « groupe intervention » ont utilisé des suppléments (revoir la définition « d’utilisation » dans l’étude au-dessus) et que cette « utilisation » amène à un risque 1,65 fois supérieur de cancer.

L’identification s’est également porté sur les étiquettes des produits, en regardant les principaux ingrédients, comprenant principalement la créatine, les protéines et l'androstènedione (une hormone stéroïdienne !! )



On peut admettre d’autres constatations :

  • Ceux qui ont déclaré leur première prise avant ou à l'âge de 25 ans avaient un risque plus élevé ;


  • Aussi pour ceux qui ont déclaré qu’ils prenaient plus d’un supplément ;


  • Enfin, les personnes qui ont utilisé des suppléments pendant plus de 36 mois, encore une fois, un risque accru.

Que pouvons-nous en tirer ?

Des études comme celles-ci ne prouvent pas un lien de causalité.

Au lieu de cela, elles révèlent un lien potentiel, sur lequel on doit enquêter à l’aide d'autres recherches afin de déterminer les causes de cette relation potentielle.

Les résultats suggèrent une relation entre la consommation de suppléments et le cancer, mais ils ne prouvent pas que les suppléments causent le cancer. En tant que telle, cette étude ne doit pas être utilisée pour prouver quoi que ce soit. Au lieu de cela, Il faut l’identifier comme un tremplin vers davantage d’études, plus en profondeur.

Les problèmes de cette étude ?

Avec cette étude, difficile de savoir en détail quels étaient les suppléments utilisés, leur composition précise, et lesquels seraient les plus « dangereux », vu que tout est mélangé, les simples compléments et les hormones.

Les auteurs affirment que le questionnaire des participants comprenait une évaluation de 30 types de poudres et de pilules différentes et que la composition des suppléments été cru sur parole du patient ou de l'étiquette. Ex : si l'étiquette affirme qu'il y a de l’androstènedione dans le supplément, les auteurs supposent que cela est vrai. Il n'y avait aucune mention dans l’étude d'analyse concrète des suppléments pour le confirmer.

Dès lors, la présence d’ingrédients contaminants ou «cachés» ne semblent pas et ne peut être pris en compte. Un biais particulièrement pertinent dans le contexte des récentes révélations de la mauvaise qualité des compléments alimentaires.

Certains produits peuvent avoir des ingrédients cachés qui ne figurent pas sur l'étiquette, telles que les stéroïdes androgènes, qui eux sont reliés au cancer des testicules, ou contenir des impuretés ou des ingrédients moins actifs que ceux figurant sur l'étiquette du produit etc. ce qui au final peut « endommager » les testicules.

Comprenez également le fait que l’androstènedione n’est pas un complément alimentaire légal, c’est un produit dopant illégal.

L'inclusion de l'androstènedione, une pro-hormone anabolisante illégale doit immédiatement soulever quelques drapeaux rouges concernant cette étude. En assimilant l'androstènedione à des suppléments de protéines et de créatine, on fait un amalgame ridicule. Les trois seuls composants décrits sont également très différents en termes d’actions dans le corps.

Nous devons également prendre en compte les habitudes des acheteurs de suppléments, surtout aux USA, les bodybuilders et autres, qui sont une population plus enclin à prendre des produits dopants et stéroïdes qui peuvent s’avérer dangereux.

Un autre problème potentiel avec cette étude est le fait qu'ils ont utilisé un questionnaire qui reposait sur les souvenirs de l’utilisation de suppléments. Il est bien établi que la plupart des gens ne peuvent pas se rappeler exactement ce qu'ils ont fait la vieille ou manger la semaine dernière… alors encore moins ce qu’ils ont pris il y a plusieurs années (parfois plus de 20 ans !).

« L’utilisation » définie est également très exotique : en effet, pour les chercheurs, consommer de la protéine en poudre une fois par semaine pour une période de quatre semaines, à tout moment dans votre vie compterait comme une utilisation et facteur prononcé de cancer des testicules.

Ainsi, avec ce genre d'ambiguïté, il est difficile de relier les résultats de cette étude avec quelque chose de concret et de spécifique.

Des résultats légèrement exagérés ...

Il est important de comprendre ce que « l’augmentation » du risque de cancer veut dire ici.

La différence réelle observée dans l'étude pourrait se traduire par un risque de mourir d'environ 1 sur 5900 qui passerait à 1 sur 2700 suite à l’utilisation de suppléments. Mais doubler votre taux de cancer des testicules vous met moins en danger qu'une augmentation de 1% dans votre risque de cancer de l'intestin…

Quoi faire ?

Aucune recommandation spécifique ne peut être prise sur la base des résultats de cette étude.

Toute personne qui comprend que le cancer présente des facteurs de risque multiples, et non pas des causes directes, réalisera qu'aucune étude ne répondra à la question originelle.

Cette étude ne fournit pas de preuves concrètes pour répondre à la question, à un niveau personnel, «Est-ce que ce supplément va me donner le cancer des cacahouètes ? »

En fin de compte, cette étude ne propose pas suffisamment d’arguments pour que les utilisateurs de suppléments changent leurs habitudes. Il n'y a aucune preuve scientifique pour soutenir l'idée que la protéine ou la créatine a un risque supérieur pour le cancer du testicule.

Cependant, ce genre d'étude va susciter l'intérêt des médias et de la population sportive pour le cancer des testicules, stimuler la recherche et nous espérons aboutir à de meilleures solutions pour prévenir le risque relatif de cancers.

Ces résultats sont importants car il y a peu de facteurs de risque modifiables identifiés pour le cancer des testicules.

Nous vous rappelons que le cancer des testicules est la forme la plus commune de cancer qui affecte les hommes âgés de 15 à 49 ans, bien qu'il ne représente que 1% des cancers chez l'ensemble des hommes.

Donc zou, aller vous faire palper et dépister !


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