Explication des tendinites : le conflit sous acromial


Pour comprendre l’origine la plus courante des tendinites de l’épaule et en particulier du sus épineux, il est nécessaire de reprendre les planches anatomiques. Nous verrons que les particularités physiologiques de cette articulation offrent un terrain qui peut facilement prédisposer à des pathologies dégénératives. Le fait d’en prendre connaissance peut aider à minimiser les risques futurs.


Soigner une tendinite n'est pas une chose évidente donc si on peut éviter d'en avoir, c'est mieux. Pour cela, il faut comprendre d'où provient une tendinite de l'épaule afin d'agir en conséquence et ainsi éviter cette blessure.
Explication d'une tendinite
La coiffe des rotateurs a une fonction primordiale puisqu’elle doit permettre une mobilité de l’épaule tout en assurant le maintien et le centrage de la tête humérale. En cas de déséquilibre de forces agissantes, les mouvements basiques du deltoïde comme par exemple l’élévation du bras ou la rotation interne vont entraîner une ascension de la tête de l’humérus qui viendra comprimer les tendons de la coiffe des rotateurs contre la voûte de l’acromion.

C’est ce déséquilibre que l’on nomme le conflit sous-acromial ou syndrome d’accrochage : un conflit impliquant les frottements répétés de la tête humérale contre la surface acromiale et occasionnant des lésions dégénératives plus ou moins graves suivant le stade. La plupart du temps, ces pathologies atteignent le sus-épineux ou le tendon du biceps. Mais elles peuvent aussi se produire sur les autres parties : toucher le ligament acromio-claviculaire par exemple.

Le conflit sous-acromial peut être aggravé par la forme anatomique de votre acromion puisque l’espace disponible entre la tête de l’humérus et la voûte de l’acromion sera plus ou moins important. On distingue en effet trois formes d’acromion : plat, recourbé ou recourbé de manière agressive (bec de perroquet) : ce sont les deux dernières et surtout la forme agressive qui présente le plus gros risque.

Nous verrons plus tard comment adapter l’entraînement à un type d’acromion particulier.

Les trois formes d'acromion

Les trois formes d'acromion



La gravité d’une pathologie de la coiffe des rotateurs dépend du type de traumatisme mais surtout de l’âge du sujet. En effet, le même traumatisme pourra induire des effets en fonction de l’état des tendons.

On peut définir 3 stades de gravité et d’atteinte du conflit sous-acromial qui, de manière théorique se rencontrent à des âges différents

Le conflit sous-acromial

Le conflit sous-acromial



Premier stade du conflit sous acromial :



Lorsque le sujet est jeune, les gestes répétitifs lors de positions critiques telles que les bras en l’air lors de l’exécution de travaux ou mouvements de musculation, la rotation interne (laquelle a tendance à faire monter la tête humérale) peuvent se limiter à des douleurs et des œdèmes plus ou moins importants associés à des micro-hémorragies.

La bourse séreuse sous acromiale est touchée (bursite) mais le plus souvent la pathologie est régressive et peut donc ne pas laisser de séquelles car les tendons sont encore sains. A ce stade le sujet peut encore poursuivre son activité et ne développer les douleurs que postérieurement, en fin de journée par exemple.

Second stade du conflit sous acromial :



Entre 40 et 50 ans la poursuite de l’activité n’est plus possible. En effet, les tendons sont davantage fragilisés par des années d’usure. L’arrêt de l’activité et le repos s’imposent car le geste lui-même devient douloureux.

La tendinite s’installe, souvent localisée sur le sus épineux, le tendon de la longue portion du biceps ou le ligament acromio-claviculaire. A ce stade, l’atteinte n’est pas entièrement régressive et les récidives possibles voire probables.

Troisième stade du conflit sous acromial :



Après 50 ans, on rencontre beaucoup plus fréquemment des déchirures plus ou moins graves (partielles ou totales) de la coiffe des rotateurs (sus-épineux, long biceps…). Les douleurs sont souvent permanentes et peuvent troubler le sommeil.

La chirurgie est plus fréquemment utilisée car la pathologie est irréversible en général.


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